Repère 01 · La définition
La LCA en médecine, c’est quoi ?
Lecture critique d’article : deux articles en anglais, des questions en français, et chaque question comptant double au classement national.
La LCA, qu’est-ce que c’est exactement ?
La LCA — lecture critique d’article — est l’épreuve des EDN (épreuves dématérialisées nationales) qui vous demande d’analyser deux articles scientifiques rédigés en anglais et de répondre à des questions en français.
Depuis la réforme R2C, chaque question de LCA compte double dans le calcul de votre classement national. C’est l’une des épreuves qui pèsent le plus lourd sur votre affectation — et celle que l’on découvre le plus tard.
En une phrase
La LCA ne demande pas si l’article est intéressant. Elle demande s’il a le droit de conclure ce qu’il conclut.
Concrètement, à quoi ressemble l’épreuve ?
Devant vous : deux articles publiés dans des revues médicales internationales — essais cliniques randomisés, études de cohorte, études cas-témoins, méta-analyses. Le vocabulaire de la recherche clinique et de la santé publique, tel qu’il s’écrit réellement dans les revues anglo-saxonnes.
L’épreuve dure trois heures, en une session unique : deux articles, chacun accompagné de 13 à 17 questions, soit 26 à 34 questions au total, chacune comptant double dans votre note.
Vous composez sur tablette, dans un environnement verrouillé : pas de traducteur, pas de dictionnaire, pas d’IA. Vous, l’article, et le chronomètre.
Ce que cela change concrètement
Trois heures pour deux articles, c’est peu — et c’est vous qui répartissez le temps. Le schéma d’échec le plus fréquent n’est pas le manque de connaissances : c’est le premier article qui déborde et le second, noté autant, traité dans la panique.
Pourquoi est-elle en anglais ?
Parce que la littérature médicale qui compte — celle qui fonde les recommandations, structure les congrès et oriente les protocoles — est publiée en anglais.
L’épreuve évalue votre capacité à lire cette littérature sans intermédiaire : la compétence exacte dont vous aurez besoin pendant quarante ans d’exercice.
Pourquoi pèse-t-elle si lourd ?
Chaque question de LCA étant pondérée double, l’épreuve représente à elle seule entre 13 et 21 % de votre note finale aux EDN — l’équivalent d’une épreuve entière, concentrée sur une seule compétence.
Traduction directe : votre note de LCA influence votre rang national, et votre rang décide de votre spécialité et de votre ville. Si vous visez une spécialité disputée, une bonne note de LCA n’est pas un bonus — c’est une nécessité arithmétique.
Ce que l’épreuve exige vraiment
C’est une double compétence, et c’est là que la plupart des étudiants se font surprendre.
Il faut d’un côté la méthodologie de la lecture critique — schémas d’étude, biais, critères de jugement, statistiques — que vous êtes censés avoir acquise pendant votre externat. Et de l’autre, un anglais suffisamment solide pour comprendre directement, sans traduire mentalement phrase par phrase : à trois heures chronomètre en main, le temps de « déchiffrer puis convertir » est un luxe que l’épreuve ne vous accorde pas.
Beaucoup maîtrisent l’une des deux compétences. L’épreuve sanctionne l’absence de l’autre.
Quelle différence avec une traduction ou un résumé ?
C’est la confusion la plus répandue, et celle qui coûte le plus de temps en début de préparation.
- Traduire, c’est rendre le texte en français. La LCA ne le demande à aucun moment.
- Résumer, c’est restituer ce que les auteurs disent. La LCA va plus loin : elle demande si les auteurs ont le droit de le dire.
- Lire de façon critique, c’est confronter la conclusion aux méthodes qui la produisent.
Un candidat qui a parfaitement compris chaque phrase d’un article peut répondre faux à toutes les questions. C’est même le cas le plus fréquent chez ceux qui ont un bon niveau d’anglais général : ils lisent bien, mais ils lisent le mauvais objet.
Comment s’y préparer ?
La méthodologie s’apprend ; l’anglais de la recherche s’entraîne — mais dans la durée, jamais dans l’urgence des dernières semaines.
C’est précisément ce que je travaille avec les candidats aux EDN : lire un essai randomisé en anglais comme vous lirez, plus tard, la littérature de votre spécialité — en une seule lecture, avec esprit critique.
Dans cet ordre, et pas un autre :
- Savoir ce que l’épreuve demande et ce qu’elle ne demande pas — le format de l’épreuve.
- Installer la grille de lecture d’un essai randomisé jusqu’à l’automatisme : c’est la matrice qui s’adapte ensuite aux autres schémas d’étude.
- Reconnaître le lexique méthodologique anglais sans effort de traduction — c’est là que se jouent les contresens qui coûtent des points.
- Désamorcer les pièges classiques : résumé trompeur, significativité confondue avec bénéfice clinique, risque relatif pris pour du risque absolu.
- S’entraîner en temps contraint sur des articles entiers, avec quelqu’un qui relit vos réponses — voir les exemples commentés et le calendrier de préparation.
Commencer par le vocabulaire seul est l’erreur la plus fréquente : on retient des mots sans savoir quoi en faire.
Se faire accompagner
La méthode s’installe en l’appliquant, article après article. C’est l’objet de la préparation que je propose, en cycle collectif ou en accompagnement individuel.
Questions rapides
Ce que l’on me demande le plus souvent.
La LCA est-elle toujours en anglais ?
Oui. Depuis la réforme R2C, les deux articles soumis aux EDN sont rédigés en anglais. Les questions, elles, sont posées en français, et vous y répondez en français.
Il n’est donc pas question de produire de l’anglais : il faut le lire, vite et sans contresens.
Quand a lieu l’épreuve ?
Pour la session d’octobre 2026, l’épreuve de lecture critique d’article se tient le jeudi 15 octobre 2026, de 14 heures à 17 heures, au terme de quatre jours d’épreuves ouverts le lundi 12 octobre.
Les dates sont fixées chaque année par l’arrêté d’ouverture de session. Vérifiez toujours celui de votre propre session : le calendrier évolue.
Peut-on utiliser un dictionnaire ou une IA pendant l’épreuve ?
Non. Vous composez sur tablette, dans un environnement verrouillé : ni traducteur, ni dictionnaire, ni assistant d’intelligence artificielle, ni document personnel.
C’est ce qui rend l’entraînement non négociable : tout ce sur quoi vous comptez le jour J doit déjà être dans votre tête. Un étudiant qui s’est préparé en traduisant avec un outil découvre le jour de l’épreuve qu’il n’a jamais travaillé la bonne compétence.
Combien de temps par article ?
Quatre-vingts minutes, et c’est vous qui décidez. L’épreuve dure trois heures en une session unique, sur deux articles : aucune limite n’est imposée article par article.
C’est précisément le piège. La règle que je fais appliquer : le premier article se ferme à 80 minutes quoi qu’il arrive, même avec des questions non traitées ; le second reçoit ses 80 minutes pleines ; les vingt minutes restantes sont une réserve, à engager pendant l’article qui se révèle le plus dur.
Mais le vrai chiffre à retenir est plus petit. Les réponses se figent au fur et à mesure : on ne revient jamais en arrière. Le budget se tient donc par question — quatre-vingts minutes moins trente de lecture laissent environ trois minutes par question.
Hésiter au-delà, ce n’est pas s’endetter envers soi-même : c’est prendre du temps à des questions qu’on n’a pas encore lues. En préparation, l’objectif que je fixe est de ramener la lecture d’un article de 45-50 minutes à 30-35 minutes, ce qui laisse l’essentiel du temps aux questions.
Qui écrit cette page
Marie-Noëlle Edroux-B — fondatrice d’Anglais Monde, enseignante d’anglais médical. Elle a accompagné des internes de la Fondation Rothschild sur la présentation d’articles scientifiques en anglais, et développe une prépa dédiée à la LCA en anglais des EDN.
Sources officielles
Le nombre de questions par article est fixé par le cahier des charges R2C-ED (DGESIP, septembre 2023) et confirmé par le document « R2C — Docimologie et correction » validé par le COSUI : « un DP constitué par 13 à 17 QCM par article ». Ce site n’a aucun caractère officiel ; reportez-vous à l’arrêté d’ouverture de votre session et aux publications du Centre national de gestion.
Page rédigée par
Marie-Noëlle Edroux-B, consultante en communication stratégique et enseignante d’anglais médical, Fondation Rothschild.
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